Qui était Charles Plisnier ?
Une précision : l’Association
Charles Plisnier n’a pas pour mission de conserver des archives, des
documents ou la bibliothèque de Charles Plisnier.
L’association possède toutefois les œuvres complètes de Charles
Plisnier ainsi que des biographies dont celle que Charles Bertin lui a
consacrée. La Bibliothèque précieuse du Musée de Mariemont compte aussi le Fonds Charles et Colette Bertin et le Fonds d’archives Charles Plisnier.
Le Musée a publié un catalogue d’exposition : Un écrivain militant Plisnier (Fonds Charles Plisnier Mariemont)
9 juillet - 17 septembre 2005.
(Catalogue : A. ESGAIN, I. BOURLEAU) 36 p. : ill. ; 30 cm
Pourquoi ce nom de Charles Plisnier ?
Les membres fondateurs parmi lesquels figuraient
Charles Thomas, Marcel Thiry, Georges Linze et Charles Bertin, neveu de
l’auteur, ont voulu, en donnant ce nom à leur association,
œuvrer dans le même esprit, défendre les mêmes valeurs
que celles qu’a défendues Charles Plisnier.
Pour plus de précisions, consulter la deuxième partie dans les Actes du Colloque publiés à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Association.
Bref rappel biographique

Charles Plisnier (1896-1952) est né à
Ghlin, près de Mons. Ce fils d’industriel, avocat, n’a jamais
dissocié sa vie et ses engagements personnels de son œuvre
littéraire. Il a vécu et réagi avec passion aussi bien aux
problèmes sociaux, culturels et politiques, que dans sa poésie et
ses romans, souffrant de ses contradictions mais les assumant
La Belgique fédérale de Charles Plisnier
En juillet 1952, sept ans après le Congrès national wallon, onze ans avant la mise en place de la frontière linguistique entre Flandre et Wallonie, vingt ans avant la création de l’État fédéral, Charles Plisnier a publié un texte fort dans la revue Synthèses : Lettre à mes Concitoyens sur la nécessité d’une revision constitutionnelle. Il meurt ce même mois de juillet 1952. Ses réflexions d’alors ont nourri les convictions de ceux qui ont créé la Fondation (actuellement Association) Charles Plisnier. Il est bon pour nous de relire aujourd’hui des extraits de cette Lettre, en tenant bien sûr compte de l’époque où elle a été écrite, en confrontant les idées et les propositions de Plisnier avec le contexte présent de notre pays et en gardant, d’ailleurs, notre liberté d’esprit pleine et entière. Il ne s’agit ici ni de parole d’Évangile ni de pensée coulée dans le bronze. Charles Plisnier était un grand vivant qui, tout en étant fidèle à ses idées, affirmait qu’il fallait être cohérent avec la réalité historique.
La Belgique doit-elle réviser sa Constitution ? […]
Je ne suis pas juriste. Moins encore politicien. S’il m’arrive de « faire, comme on dit, du droit », ce fut par métier, non par vocation. S’il m’arrive de « faire de la politique », c’est pour un temps, en « volontaire » : la guerre terminée, on retourne à sa charrue ou à ses papiers. Aussi, n’est-ce point en juriste ou en politique que je voudrais m’exprimer, mais en simple citoyen. […]
Premier congrès national wallon : Liège, octobre 1945
La Wallonie s’agitait. Elle ne pouvait oublier que ses soldats avaient langui et souffert en Allemagne pendant cinq ans quand ceux de Flandre en étaient revenus ; ni que l’ennemi, pendant cinq ans, l’avait gouvernée, servi par des équipes flamandes. Elle craignait de voir tout ce qui lui est cher et sacré et avant tout sa culture et sa langue, menacé de mort dans un pays où, à mesure qu’elle devenait mineure sur le plan démographique, elle risquait de voir les dernières commandes politiques lui échapper. […]
On a dit que ce Congrès ne représentait pas réellement la Wallonie. […] En fait, les onze cents congressistes de Liège n’avaient pas été élus comme le sont les mandataires publics. Mais beaucoup d’entre eux étaient justement des députés, des sénateurs, des maïeurs, des échevins, des conseillers provinciaux et communaux ; les autres, représentants d’organisations ouvrières et patronales, militants des partis, professeurs, médecins, avocats, artisans, ouvriers avaient autant qu’eux qualité pour parler et décider au nom de leur peuple ; et ceux-là mêmes qui, comme moi, appelés à titre personnel, ne représentaient qu’eux-mêmes, pouvaient prétendre exprimer historiquement un moment de la vie nationale. […]
Que pouvait-on attendre d’une telle assemblée en un tel moment ? La sagesse était d’en attendre la passion. Elle fut en effet passionnée. Et, après cette guerre où la France avait, plus que toute autre nation, souffert dans sa chair et dans son honneur, dans un temps où, une fois encore, se dépassant elle-même devant l’ennemi, elle venait de refaire son unité, suscitant de Gaulle, Leclerc et de Lattre, le premier mouvement de cette assemblée de Wallons, de Picards et de Lorrains fut de lui dire son attachement et son amour.
Après un premier vote sentimental, le 20 octobre, fut votée le lendemain une résolution politique, c’est-à-dire réaliste.
Face aux entreprises impérialistes de la Flandre sur notre langue et notre civilisation, elle réclamait la reconnaissance de l’intégrité française de la Wallonie.
Cherchant avec la Flandre un modus vivendi loyal et durable, elle proposait à celle-ci, sous la forme d’une révision constitutionnelle, un nouveau pacte au sein de l’État belge.
Charles Plisnier rappelle ensuite que son discours, le dernier avant le vote. avait été mal interprété, déformé dans la presse et le milieu politique : il aurait réclamé le rattachement de la Wallonie. Il lui fut aussi reproché d’avoir passé la guerre en France, Paul-Henri Spaak ayant été jusqu’à dire qu’il était allé chercher la gloire à Paris et qu’il revenait entre deux trains, prononcer des discours mal écrits et mal pensés. On imagine aisément l’amertume de Plisnier qui s’indigne et précise :
Ainsi, parce que je n’habite plus la Belgique, moi, citoyen belge, attaché à mon pays par des liens qui ne se relâchent pas, passionnément occupé chaque jour de ce qui fait sa vie, inquiet sans cesse de son destin, je ne pourrais plus exprimer ma pensée sur les drames qui l’agitent et, dans la mesure de mes moyens et de mes forces, agir sur son destin ! D’être loin de la Belgique dans l’espace, – pas tellement d’ailleurs, – m’empêche-t-il de penser valablement son drame ? L’opinion d’un homme, dégagé, par son éloignement même, de tout complexe partisan, est-elle négligeable ? Je suis sûr du contraire. […]
De quoi s’agit-il ?
Charles Plisnier rappelle la thèse d’Henri Pirenne selon laquelle la Belgique remonterait au xve siècle et à la révolte des grands vassaux bourguignons contre le roi de France. Il ne la partage pas :
Pour moi – et, je le crois, pour la plupart des Belges – la Belgique remonte à 1830. Et en écrivant cette date, je ne songe pas aux quatre mille morts de septembre, mais à la nécessité qui s’est alors imposée à nos provinces d’entre-deux, pour des raisons géographiques, économiques et politiques, de se constituer ensemble comme état indépendant. Telle était bien d’ailleurs – leurs discours et leurs écrits l’attestent – la pensée de nos constituants.
Mais un tel débat n’est-il pas vain ? Que l’on doive la Belgique à Philippe l’Asseuré et au Téméraire ou aux bourgeois de Liège, de Bruxelles et d’ailleurs qui, en 1830, déchirèrent la création du Congrès de Vienne, la Belgique existe.
Subsistera-t-elle ? Qu’on le veuille ou non, la question se pose. […]
Un État ne peut subsister que si, sans cesse, il réexamine et rectifie sa constitution, l’adapte aux conditions sans cesse mouvantes dans lesquelles s’exerce son autorité.
Cette vérité, justement, nos constituants de 1830 se gardèrent de la méconnaître et de l’oublier. Ils ont inséré dans notre charte certain article 131, lequel corrige certain article 84, qui stipule que le pouvoir législatif, à tout moment, sauf sous une Régence, a le droit de reviser à la majorité des deux tiers, telle ou telle de ses dispositions.
Depuis 1830, plusieurs fois, nos assemblées ont usé de ce droit. Doivent-elles le faire encore aujourd’hui ? Je le pense. Pourquoi et comment ? C’est ce que j’entreprends de dire.

Charles Plisnier à son bureau. © repro Nicole Hellyn.
Pourquoi faut-il reviser la Constitution ?
[…] Henri Pirenne a reconnu expressément que la Belgique se trouvait formée de « deux nationalités ». Il en découle que l’on peut parler d’État Belge et de Citoyenneté belge, mais non de nationalité belge, de Nation belge. Ce qui existe si puissamment pour nous dans notre pays – une Flandre englobant Anvers et Tongres, une Wallonie englobant les terroirs picard et lorrain – nos constituants l’apercevaient à peine. En fait, le pays légal, celui dont ils étaient les mandataires, se composait de gens qui sentaient, pensaient et parlaient français, soit que le français fût leur langue maternelle, soit que le français fût la langue dont usait leur classe, celle des notables. Le problème des langues n’est même pas effleuré dans la constitution originelle. Rédigée en français – et en français seulement – elle semble destinée à former la loi fondamentale de citoyens dont la langue ne pourrait jamais être que le français.
L’évolution démographique, économique, sociale, philosophique nous place aujourd’hui devant une tout autre réalité. […]
Charles Plisnier décrit ensuite le réveil du peuple flamand, qui a pris conscience de son existence, de sa force, de ses intérêts particuliers : La nation flamande se pense comme telle. Elle a son drapeau, son hymne. Elle entend gouverner et faire gouverner selon ses conceptions propres, ses aspirations traditionnelles. Charles Plisnier trouve ce fait naturel, juste et légitime. Il ajoute plus loin : Que la Flandre, pendant près d’un siècle – de 1830 à 1918 – ait été sinon opprimée par une majorité de culture française, tout au moins traitée par elle comme une mineure plus ou moins protégée, je n’ai pas attendu aujourd’hui pour le reconnaître et le déplorer.
Cependant, il s’inquiète, à juste titre, d’une sorte de basculement qui reléguerait la Wallonie à son tour dans une situation sociale, économique et politique de seconde zone : Mais le fait que la Flandre ait été injustement traitée dans la Belgique hier, commande-t-il, par une sorte de talion, que la Wallonie le soit demain ? Il explique, avec une lucidité que la suite des événements démontrera, l’état d’esprit de la majorité des responsables flamands, qu’ils soient politiques ou non. Et pour lui, il ne faut pas seulement prendre en compte les extrémistes.
C’est à ses « modérés » que le mouvement flamand se trouve en ce moment remis ; et ces « modérés » ont de quoi faire peur. Ils ne sont pas pressés. « Le temps et nous » : telle paraît être leur devise. […]
Un ami cher, socialiste flamand, homme de grande culture, de haute intelligence et de sentiment « modéré », qui, depuis la Libération, a été plusieurs fois ministre, me disait autour de 1936 : « Pourquoi serions-nous restés fédéralistes ? Il y a peut-être encore en ce moment un problème wallon. Dans trente ou quarante ans, il n’y en aura plus, parce qu’il n’y aura plus de Wallonie ». Et comme je protestais : « Sans doute, expliquait-il, y aura-t-il encore des Wallons, des groupes de Wallons. Mais ces groupes formeront des îlots épars dans une Belgique toute flamande. Rassurez-vous. Nous serons assez libéraux pour vous permettre de parler votre langue. Mais ce ne sera plus la langue de la Belgique. » Dois-je dire que ce libéralisme ne me rassurait pas du tout ? Cette langue, d’ailleurs, il arrive que mon ami nourri de culture française, la parle lui-même encore malgré tout à la tribune du Sénat, et il le fait mieux que nombre d’orateurs français à la tribune du Luxembourg ou du Palais-Bourbon. Mais il n’en veut plus pour son peuple.
Étonnants d’ailleurs sont les hommes de cette sorte, humanistes et grands Flamands. J’en connais beaucoup, écrivains, hommes de science, professeurs d’université. Ils assurent révérer la science française, les arts français ; ils s’en nourrissent. […]
Mais qu’ils comprennent donc et leur peuple avec eux que nous, gens du terroir wallon, picard et lorrain, nous sommes soucieux de préserver, je ne dis pas notre race, car nous ne sommes point racistes, mais nos manières de sentir et de penser et cette langue française – la nôtre – qui seule peut exprimer ce qui est notre bien sacré.
Et le fédéralisme ?
Dès son origine, le mouvement wallon fut fédéraliste. Faut-il évoquer la grande ombre de Jules Destrée ? C’est en 1912 qu’il adressa au Roi sa lettre pathétique : « Sire, il n’y a pas de Belges. Vous régnez sur deux peuples ». Il voit venir l’orage. Dans cet orage, la Belgique se présentera faible et désunie, parce qu’elle vit sur une fiction. Il faut dissiper cette fiction. D’abord reconnaître l’existence des deux peuples et ensuite donner à chacun un statut d’autonomie. Non pour les éloigner l’un de l’autre, mais pour les marier, les unir. On n’emploie guère pour cela le mot fédéralisme. On dit : séparation administrative. Mais c’est de la même chose qu’il s’agit exactement. […]
Il précise ensuite sa position personnelle dans ce mouvement : il n’a pas attendu le congrès de 1945.
Fédéraliste je suis. Fédéraliste j’étais déjà en 1913, quand, dans l’Hôtel de ville de Mons, avec Arthur Cantillon et Carl Othon Goebel, je fondais la Jeune Garde de Wallonie. Fédéraliste j’étais quand, en 1919, à l’Université de Bruxelles, […] je fondais la Fédération des Étudiants wallons. Fédéraliste j’étais, en octobre 1945, à Liège, dans ce premier Congrès National Wallon qui a déterminé le programme d’une revision constitutionnelle.
Quel était ce programme ? Rappelons que nous étions en 1945. Ce qui paraissait hardi à certains a été bien dépassé depuis. Rappelons aussi que le but était de reconnaître l’intégrité française de la Wallonie et d’entamer une revision de la Constitution qui confère une autonomie administrative à la Flandre et à la Wallonie dans un cadre fédéral.
Quelles auraient été, dans le cadre de la constitution revisée, les compétences du pouvoir fédéral central, ou confédéral selon le terme de Plisnier. Dans quels domaines lui serait-il réservé de légiférer ? La réponse est très intéressante à lire aujourd’hui :
a) les relations internationales :
b) la colonie ;
c) la nationalité, l’émigration, l’immigration, l’extradition ;
d) l’armée ;
e) la monnaie ;
f) l’organisation structurelle et financière des entreprises ;
g) les chemins de fer, postes, télégraphes, téléphone, la batellerie et l’aéronautique ;
h) l’organisation judiciaire ;
i) le droit civil, le droit pénal, le droit commercial et maritime, la procédure civile et pénale ;
j) le régime des cultes et le statut de la presse.
Hors la colonie (disparue) et la monnaie (aujourd’hui européenne), ces compétences relèvent encore à ce jour du gouvernement fédéral. Le contexte a changé : l’Union européenne émet des directives qui s’imposent aux États nationaux dans leur vie sociale, économique et politique. Quant au plan intérieur, il n’est pas encore ici question de la sécurité sociale qui se construisait à l’époque. Mais sont en négociation actuellement et font l’objet d’une demande de régionalisation, de la part d’une majorité flamande, des compétences qui paraissaient essentielles à l’existence et à la cohésion d’un état fédéral belge en 1945 ! Par exemple, la politique d’immigration, l’impôt sur les sociétés, l’organisation judiciaire…
Il ne faut pas oublier non plus que la Wallonie connaissait un sérieux problème de démographie ainsi que des difficultés socio-économiques croissantes qui amenaient Charles Plisnier à affirmer à propos du fédéralisme, déjà en œuvre avec succès, selon lui, dans d’autres pays, qu’il conviendrait au nôtre :
Singulièrement, s’agissant de la Belgique, toutes les conditions existent qui exigent une constitution fédérale : une longue tradition de particularismes provinciaux, de libertés provinciales ; l’existence de deux peuples, de deux langues, la rupture de l’équilibre démographique en faveur de l’un des groupes constituants ; des oppositions de sentiment, d’opinion très marquées entre ces groupes.
Quid ici de la communauté germanophone ? Pourquoi oppositions et non différences ? Le contexte le voulait sans doute.
La Belgique dans l’Europe
En 1952, la situation politique a évolué sur le plan intérieur comme sur le plan international. L’état d’esprit et les mentalités ont changé : il s’agit de la construction européenne et le problème du fédéralisme interne en Belgique se pose désormais à travers celui du fédéralisme européen. Ce dernier semble écarter de la Belgique le danger d’une sécession puisqu’elle est intégrée dans une Europe fédérale et garantie par elle.
L’expérience personnelle que relate Plisnier ensuite pourrait presque avoir été vécue aujourd’hui ou résonne à tout le moins comme un air qui nous est bien connu.
Dans les heures même où, sur le plan étroitement national, les Flamands et les Wallons, dans les discours de leurs représentants officiels et les articles de leur presse, se heurtaient avec le plus de violence, je réalisais dans le mouvement européen, avec les militants flamands, un accord absolu, que dis-je, amical. La Belgique, pour nous, n’était plus un champ clos où se battre. Mais un terrain de rencontre où s’allier, dans un respect mutuel, pour inventorier un patrimoine commun, décider d’un pacte d’alliance contre un danger commun (celui des totalitarismes).
Et il pose deux questions et donne deux réponses :
– Flamands et Wallons, qu’avons-nous de commun aujourd’hui ?
Sur une devise : l’union ; dans le pays : le malentendu, la discorde, une guerre froide.
– Que voulons-nous ?
La compréhension, l’entente, la paix civique.
Comment ? Il l’a déjà affirmé : la solution est dans un état fédéral et une autonomie administrative des communautés (Charles Plisnier utilisait le mot ethnie, bien mal connoté depuis, notamment, l’éclatement de la Yougoslavie).
Et l’on en arrive à la question de confiance, cette confiance si nécessaire et cruellement mise à mal aujourd’hui entre « le nord et le sud du pays », selon l’expression consacrée.
Quand on lit les conditions préalables à cette confiance, on comprend d’autant mieux à quel point on s’en est écarté actuellement.
Cette « révolution » fédérale ambitionne de sauver l’État, écrit Plisnier.
Mais elle ne le fera que :
si elle s’accomplit dans la loyauté et la clarté ;
si elle n’écarte ou ne néglige aucun des problèmes qui l’ont imposée, parce qu’il fait peur ;
si elle tient compte des réalités historiques contre quoi on ne crée rien de valable ni de durable ;
si elle reconnaît, expressément, l’intégrité néerlandaise de la Flandre, l’intégrité française de la Wallonie.
Peut-on encore « entendre » aujourd’hui ces phrases ? Je le pense. Mais tant de mots ont été mal interprétés que ceux-ci pourraient l’être sans doute aussi. Qu’importe.
Voici la conclusion de ce dernier article de Charles Plisnier :
Dans les hautes époques, les ennemis eux-mêmes, après leur combat se saluaient de l’épée. Et nous ne sommes pas des ennemis. Nous sommes des peuples que l’histoire a réunis entre des frontières étroites et qui pourraient donner au monde, chacun libre, mais à l’autre lié par un pacte volontaire, l’image de ce que demain, doit être l’Europe.
Que devons-nous faire ? demandait Charles Plisnier. Il nous incombe, à nous aussi, de nous poser la question et d’y penser, vraiment, avec réalisme mais sans défaitisme.
Note
Charles PLISNIER, Lettre à mes concitoyens sur la nécessité d’une revision constitutionnelle, in Synthèses, n° 74, juillet 1952, pp. 66-83.
L’association Charles Plisnier a publié un numéro de sa revue
spécialement consacré à Charles Plisnier à
l’occasion du centième anniversaire de la naissance de l’auteur :
Francophonie vivante numéro 4/1996, disponible au prix de 10
euros frais de port inclus.